top of page

chaumussay

localisation

Carte Sud Touraine.png
Epingle loc noire bleue.png
Localisation Loches.png
Localisation Loches.png

Loches

présentation

Icone population(1).png
Icone surface.png

226 habitants (INSEE 2018)

Chaumusséennes & Chaumusséens

19,2 km²

Icone distance(1).png

35 kms de Loches

Icone altitude.png

60 à 135 mètres

Icone cours d'eau.png

La Claise, la Muanne

Chaumussay a connu bien des noms au cours de l'histoire du village, elle apparait pour la première fois dans le cartulaire de l'abbaye de la Merci-Dieu en 1220 sous le nom de Parochia de Chaumuçay (parfois raccourci en Chaumuçay comme en 1225 dans ledit cartulaire).

L'origine de son nom n'est pas établie. Si un temps, certains pensaient qu'elle provenait d'un personnage  dénommé Calmutius, propriétaire d'un domaine agricole, il s’avérerait que Chaumussay soit à rapprocher d'un mot ancien, chaumusse, qui désignait des terres difficilement cultivables, situées sur des hauteurs.

Cela pourrait concerner le plateau au nord de la Claise, vers Le Petit-Pressigny.

Son nom évoluera au fil des siècles :

  • Chaumucauym, XIIIème siècle (Cartulaire de l’archevêché de Tours),

  • Chaumuçay, 1290 (pouillé de Tours),

  • Chamuceyo, XIII-XIVème siècle (archiprêtré de Sainte-Maure, Dom Housseau n°3639),

  • Parochia de Chaumuuyo ou Chaumucaio, 1360 (lettre du roi Jean II le Bon),

  • Chaumussay, XVIIIème siècle (Carte de Cassini).

Bordure MST.png

Chaumussay est bordée par les communes de :

  • Le Grand-Pressigny (Indre-et-Loire),

  • Le Petit-Pressigny (Indre-et-Loire),

  • Barrou (Indre-et-Loire),

  • Boussay (Indre-et-Loire),

  • Chambon (Indre-et-Loire).

La rivière Claise traverse la commune du sud-est vers le nord-est.

Vue, paysage, calvaire, campagne, Chaumussay, Touraine

Vue sur Chaumussay, Touraine.

Séparateur
Rivière, La Claise, Touraine, Sud Touraine

Le cours d'eau principal est la Claise qui prend sa source sur la commune de Luant (Indre) au lieu-dit le Bois de l'Écôt, à 138 mètres d'altitude.

Elle parcourt un peu plus de 86 kilomètres avant de se jeter dans la Creuse au lieu-dit Rives, sur la commune d'Abilly (Indre-et-Loire).

La Claise, Chaumussay, Touraine.

Séparateur
Livres, Au Temps de Chaumussay, Le dernier vols des frelons, Chaumussay, Michel Brouard, Touraine, Suisse, Romans

Avant d'aller plus loin, je tenais à remercier Michel Brouard, scénariste, réalisateur de films, de reportages, et romancier, natif de Chaumussay.

Dans la rédaction des articles de ce blog, il m'est important de vous livrer des informations sourcées et lorsque j'ai découvert l'existence de son livre "Au temps de Chaumussay", je me suis mis en quête de celui-ci...

Mais tiré à quelques centaines d'exemplaires, il était introuvable...

Alors, j'ai lancé une bouteille à la mer... ou plutôt dans l'océan Internet.

Et la magie opéra...

Quelques jours plus tard, Michel Brouard, domicilié en Suisse, m'écrivait pour en savoir un peu plus sur les raisons qui motivaient cette recherche.

Après quelques échanges intéressants sur Chaumussay, Michel me faisait savoir que sa fille avait réussi à retrouver un exemplaire.

C'est donc avec la joie d'un enfant ouvrant ses cadeaux de Noël, que je déballais le colis comprenant son livre sur Chaumussay, accompagné de son dernier roman "Le dernier vol des frelons" dont l'intrigue se déroule entre Chaumussay et la Suisse, sur fond de légendes anciennes... Je vous le conseille !

Encore merci Michel pour cet ouvrage de qualité sur l'histoire de Chaumussay et ses p'tites anecdotes !

Séparateur

Il existe peu d'écrits permettant de retracer l'histoire de Chaumussay.

C'est donc à partir de traces de l'occupation humaine de la commune qu'il devient possible d'entrevoir son passé.

En 1975, lors de travaux liés au remembrement, au lieu-dit Bénagu, la pelle mécanique a découvert un  atelier de trois postes de fabrication d'outils en silex, dans la zone du ruisseau "la Courance du Grand Vau".

Atelier outils silex, Benagu, Chaumussay, Touraine

Zone de la découverte d'ateliers d'outils en silex, Chaumussay, Touraine.

Les fouilles ont duré une trentaine de jours et ont permis de découvrir de nombreuses pièces, dont :

  • trente-deux burins,

  • deux grattoirs,

  • des nucléi,

  • deux percuteurs (provenant du lit de la Creuse, située à 5 kms à vol d'oiseau, ou 12 kms en suivant la Claise),

  • deux enclumes.

Silex, bénagu, société archéologique de Touraine, JC Marquet, Chaumussay, Touraine

Extrait de "Un atelier magdalénien à Bénagu, commune de Chaumussay (Indre-et-Loire)" par J-C Marquet,  Bulletin de la Société préhistorique française Année 1975 E&T 72-1 pp. 309-318

Ces éléments ont été datés du Madgalénien Supérieur soit entre 13 500 et 12 000 ans avant JC.

Au regard des traces sur les burins, il ne s'agissait pas seulement d'un atelier de fabrication. Ces derniers ont été très certainement utilisés dans le cadre d'un atelier de débitage de bois et d'os de renne.

Il est également possible qu'il existait un atelier de polissage de plaquettes de grès puisque de l'ocre rouge, des petits plaquettes de grès et un objet, ayant pu servir à polir celui-ci, ont été retrouvés.

En l'absence d'une fouille étendue, la zone d'habitation n'a pas été mise au jour, elle aurait pu préciser les activités réalisées sur le site.

Menhir La Prade, Chaumussay, Touraine

Emplacement du menhir de la Prade, Chaumussay, Touraine

À moins de 400 mètres à vol d'oiseau du site de Bénagu, se trouve le menhir de la Prade.

Facilement accessible depuis la route menant de Chaumussay à Étableau, il se trouve en pleine forêt aux coordonnées suivantes 46.88248°N, 0.82824°E

Il s'agit d'un bloc de poudingue (roche détritique dont les éléments sont des galets plus ou moins arrondis réunis par un ciment naturel) d'une hauteur de 1,50m, d'une largeur de 1,80m et d'une profondeur de 0,90m.

Menhir de la Prade, Chaumussay, Touraine (2022)

Chaumussay a également connu une occupation pendant l'âge de Fer (800 ans avant JC - 100 ans après JC) comme l'atteste la découverte faîte au lieu-dit la Sainjoirie (ou Sinjoirie).

Des restes de ce qui semble avoir été une forge y ont été découverts, sous la forme de sept fosses circulaires , ainsi que des structures montrant des traces de cuisson parmi lesquelles un bas-fourneau.

L'extraction du fer a d'ailleurs laissé des traces dans la toponymie autour de la commune puisqu'on retrouve de nombreuses appellations à partir des "marchais". Ces trous remplis d'eau sont d'anciens secteurs d'extraction du minerai de fer : Le Bois de la Forge, le Marchais de l'Écu, le Marchais de Salade, La Forge... D'autres noms disparus mais présents sur le cadastre napoléonien de 1811 en attestent.

Toponymie Chaumussay Cadastre

Le Champ du Four et Le Minerais présents sur le cadastre de 1811, Chaumussay, Touraine

Extrait du cadastre napoléonien, Section A1 du Bourg 6NUM10/064/002 - Archives d'Indre-et-Loire

L'époque gallo-romaine semble avoir laissé quelques traces, malheureusement oubliées de nos jours.

En effet, à la moitié du XIXème siècle, des vestiges de constructions et des monnaies romaines auraient été découvertes dans un terrain où la vigne était cultivée, sur la commune de Chaumussay, "dans le voisinage du bourg" comme le précise J.X Carré de Busserolles dans le tome II de son dictionnaire sur la Touraine.

La population locale lui aurait donc attribué le nom de "Champ-de-César" ou "Camp-de-César". Si cette découverte a survécu au fil du temps, l'emplacement exact a disparu de la mémoire collective.

Notons que dans la commune limitrophe de Boussay, passait une voie romaine et qu'un "camp romain" ait bien existé.

Les quelques objets de l’époque gallo-romaine (traces de monnaie, de céramique) retrouvés sur le secteur de Chaumussay ne peuvent attester l'établissement d'un "bourg". Il s'agissait certainement d'un habitat rural diffus.

Le 24 janvier 1882, au lieu-dit La Grande Caillère, situé au nord-est de Chaumussay, des cultivateurs ont mis au jour un sarcophage contenant les ossements de  trois personnes.

En 1895, l'abbé Brung, curé du village et membre de la Société Archéologique de Touraine, entreprit des fouilles et ce sont une vingtaine de sarcophages qui furent découverts. Datés de l'époque gallo-romaine dans un premier temps, il s'avère que ces tombeaux dateraient de l'époque mérovingienne (du Vème au VIIIème siècle).

On peut supposer une occupation très ancienne sur ce site et il faut remarquer que le fief de La Grande Caillère sera le seul fief de Chaumussay à ne pas appartenir aux familles des seigneurs de Chaumussay, de Boussay ou de Preuilly. Il est attesté que ce fief appartenait à la famille de Périon au XVIème siècle et dépendait de la châtellenie de Chanceaux. On peut supposer que la présence de ces tombes est liée au fait que ce fief n'appartienne pas aux grandes familles des seigneurs locaux.

Extrait cadastre Chaumussay La Grande Caillère sarcophages

La Grande Caillère, cadastre de 1811, Chaumussay, Touraine

Extrait du cadastre napoléonien, Section B3 de la Muanne 6NUM10/064/007 - Archives d'Indre-et-Loire

C'est certainement avec la construction de l'église (XIIème siècle) que Chaumussay devient une châtellenie, relevant du château de Preuilly. Il ne reste plus aucune trace de son logis seigneurial qui se situait au centre du bourg, près de l'église.

Le premier seigneur connu est le chevalier Jehan de Gastineau (début du XIIIème siècle).

Deux seigneurs de Chaumussay marqueront l'Histoire de France notamment pour leurs carrières militaires au cours de la Guerre de Cent Ans :

- Jean Ier le Meingre, dit Boucicaut (1310-1368), nommé Maréchal de France le 21 octobre 1356,

- Jean II le Meingre, dit Boucicaut également, (1366-1421), fils de Jean Ier, nommé Maréchal de France le jour de Noël 1391 (à l'âge de 25 ans), il deviendra Gouverneur des cités de Savone et Gênes (Italie) en 1401.

L'église Saint-Médard dépendait de l’abbaye bénédictine de Fontgombault, située dans l'Indre, à une trentaine de kilomètres de Chaumussay.

À proximité de celle-ci se trouvait le prieuré Saint-Valentin (bâti entre le XIIème et le XIVème siècle), dépendant de la même abbaye, détruit au XIXème siècle en raison de son très mauvais état. Son emplacement est supposé être à l'endroit de l'actuelle mairie, puisqu'une information précisait que le prieuré jouxtait une partie des dépendances de la cure (ou presbytère) qui elle-même était accolé à l'église.

Ce prieuré n'avait pas de chapelle, le prieur célébrait donc ses messes dans l'église Saint-Médard.

Entre ce prieuré et l'église, il existait jusqu'au début du XIXème siècle un cimetière, il sera déplacé entre 1839 et 1843, en raison de la parution de plusieurs arrêts et textes entre 1765 et 1804 réglementant l'organisation des cimetières.

Plan, Cadastre, Chaumussay, Touraine

Le bourg et ses évolutions, Chaumussay, Touraine

Extrait du cadastre napoléonien, Section A1 du Bourg 6NUM10/064/002 - Archives d'Indre-et-Loire

  1. Eglise Saint-Médard, XI-XIIème siècles,

  2. Ancien cimetière existant jusqu'en 1843,

  3. Ancien prieuré Saint-Valentin (emplacement supposé),

  4. Percement de l'avenue de la Gare (1885) et réalignement de la rue principale (1875) avec le nouveau pont de pierre construit en 1869,

  5. Emplacement de l'ancien pont en bois, détruit en 1875.

Emplacement ancien prieuré Saint Valentin, Chaulmussay, Touraine

En passant par le chemin des Fourcheries, vous pourrez retrouver l'emplacement de cette grange contre laquelle s'élevait l'ancien prieuré Saint-Valentin.

Emplacement supposé de l'ancien prieuré Saint-Valentin,

Chaumussay, Touraine

Séparateur

Revenons à l'église Saint-Médard...

Il semble que Chaumussay devienne suffisamment importante pour, qu'au cours du XIème siècle, il soit décidé d'y bâtir une église.

Celle-ci conserve quelques éléments du XIIème siècle : son chœur, son clocher et la partie centrale de sa façade occidentale.

À la fin du XIXème siècle, elle fut agrandie, sous l'impulsion de l'abbé Brung, par la construction du bas-côté nord (vers la grange dîmière) et du bas-côté sud, en ouvrant dans les murs gouttereaux d’origine, trois larges baies en arc brisé supportées par des piles cylindriques.

La façade occidentale s’ouvre par un porche en plein cintre dont les archivoltes sont portées par des colonnettes à bases et chapiteaux romans.

Au-dessus de ce porche, on trouve une fenêtre en plein cintre encadrée de simples colonnes à bases et chapiteaux.

La construction des bas-côté au XIXème siècle ont certainement provoqué la disparition de la chapelle fondée par le Maréchal Jean le Meingre 1er dit Boucicaut, en 1350.

Le chœur est la partie la plus complète de l’édifice.

Il se compose de trois éléments :

  • une première partie droite, presque carrée, voûtée sur croisée d’ogives,

  • une deuxième partie droite voûtée d’un berceau brisé,

  • un hémicycle, enfin, couvert d’un cul-de-four.

À l’extérieur, le chevet offre un bel exemple d’élévation romane, rythmée par les quatre colonnes engagées qui jouent le rôle de contreforts et supportent une corniche simple, non moulurée, ornée de quelques modillons présentant oiseaux ou masques.

Le clocher élevé au sud de la travée voûtée d’ogives a conservé des éléments romans dans les grandes baies du beffroi. Sa toiture en bâtière correspond à un aménagement ultérieur. Il était doté d'une flèche de pierre et atteignait une hauteur plus importante qu'à ce jour. La date et la raison de la destruction de cette flèche n'est pas connue.

Il existait un dallage comprenant des pierres tombales avec inscriptions, puisque plusieurs membres de la famille Le Meingre furent enterrés dans le chœur. Malheureusement, toutes ces pierres furent retirées (et certainement perdues) ou recouvertes,  lors de travaux de restauration effectués en 1870.

Au sud, et attenant à l'église, vous pouvez observer un logis du XVème siècle, aux allures de maison forte, il s'agit probablement de l'ancien presbytère.

La statue de Jeanne d'Arc édifiée en 1896 fut inaugurée en présence de près de 4 000 pèlerins !

Son socle représentait la porte royale de la cité de Loches avant d'être recouvert d'un vulgaire crépi.

Une légende locale raconte qu'il renferme les restes d'un prieur du prieuré Saint-Valentin, ce qui relève de l'impossible puisque le prieuré a cessé toute activité depuis 1789 et qu'aucun prieur ne fut enterré à Chaumussay.

Eglise Saint-Médard, Chaumussay, Touraine

Séparateur

Jouxtant l'église Saint-Médard, un bâtiment ancien, au plan rectangulaire, se fait discret, derrière la statue de Jeanne d'Arc.

Il s'agit d'un vieux logis construit au XVème siècle, devenu par la suite le presbytère, dont on retrouve deux descriptions dans les archives départementales datant de 1722 et 1748.

Elles précisent que cet ensemble est composé d'une habitation, d'une grange, une étable, une cour, un cellier, un pressoir, une écurie, un jardin. Il est indiqué une surface de deux boisselées, ce qui équivaut à près de 1000 m2. La boisselée est une ancienne unité de mesure de superficie de terres cultivables dans le Centre de la France.

Il est également mentionné que la propriété joignait l'église mais également le cimetière (dont nous avons vu plus haut son ancien emplacement) et le jardin du prieur (ce qui vient étayer son emplacement vu également précédemment).

La façade occidentale possède trois petites fenêtres dont une à deux panneaux, tandis qu'on peut remarquer sur la façade orientale, une fenêtre à meneaux éclairant une pièce du 1er étage.

Au nord de l'église, une grange avec porche permet de passer de la place de l'église à la place de la Poste.

Place où se trouvait l'école, aujourd'hui devenue silencieuse, faute d'élèves.